K.D.D

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Biographie de K.D.D

K.D.D ou l'histoire d'une détermination sans faille qui conduit aujourd'hui ce groupe sans équivalent aucun, à incarner ce qu'aurait dû être l'histoire du hip-hop en France.
Une conscience toujours en mouvement et la volonté acharnée de ne pas se laisser défigurer par les dérives d'un libéralisme économique qui dénature les propos les plus intègres.
Pourtant l'histoire avait presque mal commencé puisque les K.D.D, après quelques errances créatives et une signature d'un contrat discographique chez Columbia presque sur le tard (1994), alors qu'ils n'avaient pas vingt ans, vont se retrouver bêtement assimilés à cette vague d'artistes néo-pop comme s'il s'agissait de stigmatiser une génération de groupes "rap yéyé" simplement là pour faire rougir d'aise les filles et assouvir les besoins de rentabilité de toute une partie de l'industrie du disque. "Big band K.D.D" fit tout de même rugir de plaisir tous ceux qui pensaient aussi que le rap n'était pas qu'affaire de poings levés vers le ciel de la revanche. Malheureusement, ils seront peu nombreux à aller au-delà de cette réjouissante première pierre de l'édifice qui offrait au grand jour du rap, un nouvel eldorado (Toulouse), et une philosophie de la double détente - une pour la danse ou l'énergie; l'autre pour l'engagement-.
Pourtant la proposition était largement admissible : opte pour le K et dans le labyrinthe de la pensée du groupe, la description de toute une réalité comme " strophe de petites guerres ". Heureusement, dés le début, il y aura la scène et son impitoyable force de révélateur, dans laquelle beaucoup de groupes de hip-hop vont se brûler les ailes. K.D.D est né de cette rage communicative où il est question de transformer toutes les frustrations et les colères en énergie positive. Très rapidement ils seront considérés sur ce terrain comme des leaders pouvant imposer le très intense "Sankala" ou "Rien ne m'inspire" et se donner des gages pour un avenir meilleur.
Mais la meilleure façon de revenir était dans un premier de temps de faire semblant de mourir. Ce qui signifiait en fait se taire afin de mieux opérer une mutation réussie. Laisser la porte ouverte à ceux qui pouvaient se sentir à l'étroit dans l'histoire, et donner la chance à chacun de s'exprimer sous le sceau de la prise de confiance. K comme Kartel avec la volonté cette fois de resserrer encore les liens de ce collectif où chacun va prendre la mesure de ses responsabilités.
De cette "Galaxie de glace" sortira le deuxième opus du groupe, avec à la clé une vraie "Résurrection". Le top 50 est soudain le singulier terrain d'une remise à l'ordre des priorités dans la marche du monde, avec le bouleversant "Une princesse est morte", perle de conscience dans un chapelet de brûlots où la dénonciation primaire n'est jamais de mise. Si le soleil donne la même couleur aux gens, il offre aussi une vision du monde où le manichéisme - la fracture sociale ?- est dépassée pour un autre chemin, celui de la vigilance et de la concorde, malgré tout...
Un chemin qui conduit vers un premier disque d'argent (plus de 60 000 exemplaires vendus) et la reconnaissance enfin avouée de tous les pères de la hip-hop nation.
Mais rien n'est assez beau pour les toulousains qui ont fait du respect d'autrui une valeur fondamentale dans la conduite de leurs réflexions créatives. La ville rose est leur berceau de naissance. Ils y restent, grandissent, aiment et pour certains fondent une famille agrandissant ainsi l'architecture du Kartel de la foi. Il faut entrer dans un nouveau siècle avec le soucis encore plus marqué de se démarquer. K.D.D. ne fait pas dans la pose. Comprenez qu'il faut aussi surprendre avec d'autres arguments que sa propre maturité.
Troisième album et nouveau défi. Le son est sec mais lourd... de sens : "Une couleur de plus au drapeau" Seul morceau à la production épique et flamboyante, il permet d'entrée de jeu de constater que le flow des Toulousains s'est encore amélioré. Les mots claquent avec la précision d'uppercuts au service de l'idée bien plus que de la rime ; les featuring sont rares mais précis - le 113 et Don Choa-: "Artifices" et "Ghetto cocaïne", car les rencontres et les défis pour épater la galerie, sont devenus trop systématiques pour être honnêtes; l'émotion enfin toujours plus forte, sans fard et surtout pas antinomique avec un genre musical qui n'aime guère voire les hommes pleurer : "le geste", "Neuf mois"... Nouveau disque entièrement conçu à Toulouse (studio Polygone) et qui est l'occasion de confirmer la profondeur d'une aventure humaine loin des règlements de compte d'un milieu gangrené par le cancer de l'ambition et de l'argent facile.
Daniel Camara (Dadou), griot Toulousain qui porte la sagesse en sautoir et la connaissance en porte drapeau; Alexandre Varela Da Veiga(Diesel), roseau qui plie mais ne rompt pas et qui va peu à peu forger une école de son sans autre référant que lui même, Lindsay Barret sorte de coloriste de la musique, Gauguin du rap et scratcheur de l'utile, Herman Azaud dont la voix ouvre de nouvelles brèches et Robert Hovor sorte de troisième oeil qui va s'attacher à réaliser la cohérence d'un projet où chaque titre se devait d'être différent. Aidé en cela par la maestria et l'esprit d'ouverture de Tommy Uzzo (Method Man, Red Man mais aussi Michaèl Jackson, Mariah Carey...) qui va mixer l'album, les K.D.D. font ainsi oeuvre de salut public.
Un album comme un geste, un vrai, pour tous ceux qui attendent encore et toujours la lumière des justes, et ainsi, bâtir une fondation solide pour affronter un siècle d'inconnus.
   

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